Un penchant ennuyeux

Vous a-t-on déjà appris à vous ennuyer ? Pas moi et je le regrette.

Je sais m’occuper, planifier, j’ai même un diplôme dans la planification de projets, mais j’ai pas appris à m’ennuyer. Je m’occupe tellement bien et ça me parait tellement important d’être occupé que je finis par savoir faire semblant d’être occupé.

J’ai appris ça pendant mon adolescence pour éviter la corvée de vaisselle du dimanche, je faisais semblant d’avoir trop de devoirs.

Mais au lieu de faire semblant de m’occuper, je pourrais tout autant m’ennuyer pleinement. Pourquoi ce n’est pas une option viable ? Pourquoi il m’a fallu 30 ans avant de me rendre compte que je pouvais m’ennuyer ?

Fuyons l’ennui

On mène nos vies afin qu’elles soient le plus remplies possibles.

Pour avoir cette maison ou faire ce voyage de rêve, il faut…

Il faut avoir plus d’argent ? Il faut travailler plus ?

Pour notre bonheur on se demande quelque chose qu’on a pas encore. On se demande d’être plus.

Ce qui se cache derrière plus d’argent c’est souvent de travailler plus. Et oui, même les gangsters ou les travailleurs du sexe travaillent plus pour gagner plus. Il y a une règle universelle à laquelle on est tous soumis.

Et cet argent tant convoité, c’est lui qui nous donnera plus pour ne plus avoir à travailler, pour pouvoir profiter de notre maison ou de nos vacances.

Moins d’ennui, plus à faire

Maintenant que j’ai ma maison, je veux mon voyage.

Maintenant que j’ai fait mon voyage, je veux une maison.

On est dans une recherche perpétuelle du plus sans jamais se dire qu’il m’en faudrait peut-être moins. Faire moins n’est pas nécessairement la solution. La vraie et unique recherche c’est celle du bonheur.

Quelle belle journée qui commence, j’espère qu’à la fin de celle-ci je vais être malheureux

– Personne

Encore une autre règle universelle à laquelle on est soumis et on ne peut pas s’en défaire : la recherche du bonheur.

Mais pourquoi, on acquiert plus au lieu d’aller le rechercher ?

Tromperie

Au fil des années, la culture capitaliste a créé des liens logiques pour notre société qui ne sont pas logique pour l’individu.

Il y a 50 ans, les pubs montraient l’efficacité d’un produit. Le linge est plus blanc que blanc avec notre machine.

Aujourd’hui, c’est son moteur silencieux qui va nous faire passer une bonne nuit et être plus heureux le matin.

Toute addition à son nombre de possessions rend un peu plus heureux en apparence.

Et la pression sociale qui était déjà très forte lorsqu’on vivait en petite tribu devient étouffante lorsqu’on fait tous parti de la même tribu sur Instagram.

Le moins on est conscient, le plus on suivra le mouvement déjà établi.

Un jour, ennui

L’acquisition de biens n’est pas nécessairement synonyme de bonheur, alors pourquoi la dépossession le serait ?

Lorsque vous faites du sport intensif, il y a 2 choses qui sont appréciables : l’effort à la limite et la phase de repos qui suit cet effort.

Il en va de même avec cette envie d’être occupé.

Il y a même des personnes qui se sentent coupables de ne rien faire. Et pour eux, rien faire c’est rester dormir et/ou regarder Netflix sous la couette un jour entier.

Mais aussi absolu que semble être le mot “rien”, il est on ne peut plus relatif.

Quand on ne fait “rien” on considère que ce n’est rien de productif pour la société. Mais se reposer est productif pour notre corps. Ne mangez pas pendant 7 jours et vous vivrez en buvant. Mangez et buvez sans dormir pendant 7 jours et vous mourrez.

Quand on dit ne “rien” faire, on fait encore quelque chose.

Et s’ennuyer, n’est pas non plus rien faire. S’ennuyer est une activité comme une autre qui a un début et une fin dans le temps. C’est une situation temporaire et pas un état.

C’est juste une activité que l’on évite comme la vaisselle du dimanche soir en prétendant avoir des devoirs.

Apprendre à s’ennuyer

C’est la chose la plus simple et qui peut sembler la plus dur.

Ne “rien” faire. Littéralement.

Attention, je ne parle pas de méditer. C’est aussi une activité d’évitement.

L’ennui ça ne se planifie pas, l’ennui ça nous tombe dessus. Comme moi en ce moment, un voyage en bus du nord au sud du Guatemala qui aurait du prendre 8h. Voici que 9h sont passés et nous sommes à quelques heures de notre destination.

L’ennui ne se gère pas, il se vit. L’ennui a une énergie et vibration faible. Une personne qui s’ennuie ne nous attire pas. On est attiré par les gens en vie : excités ou ayant un but.

Quand on remplit l’ennui par Netflix, on s’empêche de terminer le cycle de cette ennui. Si vous ne dormez pas un minimum, vous ne vous réveillerez pas en forme.

C’est pour ça que vous finissez votre cycle de sommeil. Car après l’ennui, l’inspiration vient.

Vous me croyez pas ? À votre avis, d’où me vient cette envie d’écrire ce texte ?

Conclusion

Après la pluie il y a le beau temps,

S’il y a lumière il y a de l’ombre,

Et après l’ennui, il y a le jour.

Alors allez faire votre vaisselle du dimanche, ça vous permettra sûrement de trouver une solution à votre problème de maths.

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